Eloge du mauvais geste

Présentation

Ollivier Pourriol décrypte les plus célèbres mauvais gestes du football et révèle qu ils ont tous leur grandeur .

- Le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du monde 2006 ? Un geste prémédité qui confisque la victoire aux Italiens et permet au capitaine des bleus de reprendre son destin en main.
- Le but de la main de Maradona lors de la coupe du monde 1986 ? Le premier acte d un doublé où l argentin montre au monde qu il est un dieu du foot, mais un dieu à visage humain.
- La main de Thierry Henry face à l Irlande en qualification du mondial 2010 ? Un lapsus qui trouve sa source dans l inconscient collectif de l équipe de France, et qui la plonge dans une crise de mauvaise foi.
- Éric Cantona répondant à l insulte d un supporter en lui sautant dessus pied droit en avant ? Un geste surréaliste au sens artistique du terme.
- L agression de Harald Schumacher sur Battiston lors du France Allemagne de 1982 ? Une faute qui permet à la France de connaître sa défaite la plus parfaite, et de naître en tant qu équipe.
- La folle joie de Platini courant bras levés après un penalty malgré les trente-neuf personnes du stade du Heysel ? Jour de gloire et de honte, le moment où il est devenu un homme confia-t-il un jour à Marguerite Duras.

Examinant successivement ces six cas, Ollivier Pourriol essaye d approcher au plus près la vérité de ces gestes qui appartiennent désormais à notre imaginaire collectif. Il n y a qu à voir, même et surtout chez ceux qui ne s intéressent pas au football, la variété, la quantité, la virulence des réactions au coup de tête de Zidane ou à la main de Henry, quand un but, fût-il exceptionnel, ne fait naître au mieux qu un intérêt poli. Le mauvais geste : c est peut-être d abord cela que viennent chercher les milliards de téléspectateurs. La coupe du monde de football : les jeux du cirque en mondovision.

 

Extrait

"Michel Platini n’a jamais été aussi beau : il court, heureux comme un gamin, il court comme un dératé et lance un poing rageur vers le ciel en poussant un cri vainqueur, par deux fois, au pied des tribunes italiennes. Il vient de marquer le but le plus important de sa carrière. Sur penalty. Pour la Juventus de Turin. Michel Platini court, heureux comme un gamin. Pour la dernière fois de sa vie, comme il le confiera à Marguerite Duras quelques mois plus tard: " Ce jour-là, je suis devenu un homme !"

Quelques instants avant le match, il est donc encore un enfant, sur le point de disputer la plus prestigieuse, la plus convoitée des coupes d’Europe : celle des clubs champions. La seule qui manque au palmarès de la Juventus de Turin. Le FC Liverpool, lui, l’a déjà remportée trois fois, dont l’année précédente. Contre un autre club italien, l’AS Roma. Le match a donc des allures de revanche. Il aurait dû commencer à 20h. Il est 21h45. Les équipes sortent enfin des vestiaires. Toujours 0 à 0. Mais déjà trente-neuf morts."

 

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