Coupé au montage

Photos du film "Coupé au montage"

coupeaumontage1

Synopsis

coupmontage35

Dans une pièce dont on ne sait si elle appartient à une prison ou à un hôpital, un homme s’installe sur une chaise où des personnages travaillent de concert à le harnacher à un équipement de monitoring, allant de l’électrocardiogramme à la vidéosurveillance, tout en couvrant son corps de chiffres tracés au feutre chirurgical.

Pendant ce temps, dans une autre pièce, un groupe d’observateurs s’installe devant des écrans reliés à la pièce principale. Les personnages portent des noms de chiffres, et paraissent suivre un protocole bien huilé. Quand tout est prêt, le chef du groupe, 10, fait l’appel, un compte à rebours aboutit au lancement de la « Phase 1 ».

 On laisse l’homme seul sur sa chaise, on lui a mis un couteau dans la main. Le chiffre 1 apparaît tracé sur son avant-bras, au-dessus d’une ligne en pointillés lui indiquant la direction à respecter. Le chiffre 4 a été tracé dans sa nuque. Que doit-il se faire subir ? Jusqu’où va-t-il aller ? Quel genre de groupe ou de société est capable d’imposer pareil rituel ? Groupuscule occulte ou avenir de la télévision, la question est posée jusqu’au bout.

English
In a hospital or prison style room, a man is strapped to a medieval chair by a weird medical team, his body covered with numbers and lines drawn with a surgical pen. The man, tense as an athlete before a violent effort, is being monitored from another room by a highly organized group of observers bearing numbers as names. When everything is ready, the leader of the group, 10, counts down until “Phase #1” is launched.

The man has been given a knife. The number “1” appears on his forearm, above a line indicating the path to follow. What is this man about to inflict to himself? What for? What are his limits? And what kind of society can create such rituals for its new members? Is it an underground occult sect or the future of real-TV, that is the question.


Discours du jour de la projection

coupemontageweb12De toutes les étapes délicates pour l’orgueil qui rythment la fabrication d’un court métrage, la plus pathétique est probablement celle du discours du jour de la projection. Eh bien, voilà, ce moment pathétique, c’est maintenant. J’ai demandé autour de moi ce qu’on pouvait bien raconter à cette occasion, on m’a dit qu’on pouvait évoquer par exemple des souvenirs amusants du tournage. Non je ne vois pas. Ah si, peut-être, je me souviens, le dernier jour du tournage, quelqu’un m’a dit : « Tu sais, tu devrais lire un livre qui s’appelle « Comment tourner un court-métrage ». » C’était mon premier assistant.

Sinon, un soir, en quittant le plateau, sur l’espèce d’autoroute qui traverse le Kremlin Bicêtre, après avoir passé la journée à tourner des coupures, on a entendu des grands cris « au secours » et un homme qui hurlait « salope je vais te tuer ». N’écoutant que notre courage, on a appelé les flics. On a voulu traverser pour voir, on s’est retrouvé coincés entre deux flots de voitures. La femme a traversé, le type l’a suivie, il s’est retrouvé coincé par les voitures, il m’a dit « De quoi tu te mêles toi ? » Moi : « De rien. Allez-y doucement. C’est dangereux. » Lui : « T’inquiète pas. Je vais pas l’abîmer je vais juste la corriger un peu. » après je résume, les flics arrivent, c’était une scène de ménage, et là Boris tente un truc du genre : « Tu nous a fait peur quand même. On a cru que tu voulais la tuer. » Et là le type regarde Boris, et lui dit : « Attends, j’y crois pas, c’est toi, t’es Boris... » Voilà, c’était un souvenir de tournage.

Coupé au montage, au départ c’est un mauvais jeu de mots, c’est devenu une réalité, monter c’est avant tout couper, les acteurs vont s’en apercevoir ce soir, nous avons beaucoup tourné, et nous avons donc beaucoup beaucoup coupé.

 On reconnaît un ami, paraît-il, à ce qu’il peut vous rendre des services. Faire un court-métrage, c’est se faire énormément d’amis. On finit par rêver de pouvoir les payer. Mais, comme me le dit toujours ma productrice préférée, ne rêvons pas trop. Je précise donc que ce que vous allez voir a été tourné sans blesser aucun animal ni payer aucun acteur. Il s’agit  bien de violence gratuite.

 Merci Jean-Luc, qui a rendu le film possible au tout dernier moment, et qui m’a présenté Christophe. Merci Angélique, qui a travaillé avec Stéphanie, Natalia, Elé, Stéphane et Quentin. Merci Cynthia, qui a appelé Jean-Claude, qui a appelé Bruno, et Alain, qui avait parlé à Didier, qui en a parlé à Bruno lui aussi, ce qui nous a permis d’avoir le soutien de Caroline. Merci Lyse, qui m’a parlé d’Aleks, qui m’a parlé de Virginie, merci Seb, qui m’a fait connaître Fred O, Fred J, Aurélien, merci Bruno qui en a parlé à Pierre, que connaît Claude, dont m’a parlé Antoine, qui m’a présenté Yves. Le court-métrage, c’est avant tout une histoire de prénoms. Et merci Martine, qui nous offre les boissons ce soir, oui, Martin...i, pardon.

 Je ne voudrais pas remercier trop de monde, les acteurs vont croire qu’on a gagné quelque chose, alors qu’ils le savent, un acteur, sur un court métrage, ça n’a pas de cachet, mais surtout, ça n’a pas de prix. Un merci spécial, toutefois, à Aleks, qui a passé probablement plus de temps, ces derniers mois, à faire ce film qu’à faire son bébé, heureusement la tendance vient de s’inverser.

 Puisqu’on parle de bébé, je voudrais déconseiller le film aux âmes sensibles, même s’il est trop tard pour sortir de la salle. Lors des projections tests effectuées dans mon salon, nous avons déploré deux malaises, plusieurs « shhhhhhhh », un certain nombre de « Comment vous avez fait ça ? C’est dégueulasse. », un vomissement et un « Faut quand même être taré pour filmer des trucs pareils. » Je suis assez d’accord, moi-même qui vous parle, après avoir vu le film cinq cents fois, je trouve ça encore un peu bizarre. Ca ne dure qu’un quart d’heure, mais vous verrez, on est content que ce ne soit pas plus long. C’est de ce point de vue un court-métrage réussi.

 Monica, quand on lui demande si elle conseille d’aller voir la Passion du Christ, répond qu’à côté, Irréversible, c’est Bambi. On pourrait donc dire, toutes proportions gardées, que Coupé au montage se positionne quelque part entre L’armée des douze singes et le Club des Cinq. C’est au fond un film pour enfants, puisqu’il repose essentiellement sur le découpage. Notamment celui du saucisson, comme vous pourrez en juger par vous-même tout à l’heure, en trinquant avec les acteurs en chair et en os, et surtout en entier.

Merci de votre attention, c’était le discours du jour de la projection. A tout à l’heure.

 

Vous êtes ici : Films / Coupé au montage